Sourire en silence

 

On ne sourit pas quand tout devient facile,

Ni quand le ciel s’ouvre en promesse docile.

On sourit parfois quand tout semble peser,

Quand l’ombre s’étire sans vouloir s’apaiser.

 

C’est un geste humble, à peine un signe,

Un feu retenu, discret, presque intime,

Une braise douce au cœur du tourment,

Qui dit sans parole : je tiens, simplement.

 

Les jours sont chargés de rumeurs et de cendres,

Le monde se presse sans jamais attendre.

Mais au fond de soi, dans un lieu préservé,

Quelque chose insiste… et refuse de céder.

Alors naît un souffle, fragile et profond,

Qui n’attend ni preuve, ni écho, ni raison.

 

Un sourire ancré dans le creux de l’être,

Comme une lumière qui refuse de disparaître.

Il n’ordonne rien, ne réclame aucun dû,

Ne change pas tout, mais déplace la vue.

Et dans ce regard doucement déplacé,

Le réel lui-même semble respirer.

 

Les gestes s’adoucissent, les voix se font claires,

Les cœurs reconnaissent ce qui les éclaire,

Non par miracle ou force invisible,

Mais par un élan presque imperceptible.

On dira hasard, coïncidence ou chance,

Un instant suspendu, une douce alliance.

Mais celui qui tient ce fil sans éclat

Sait bien au-dedans que cela ne ment pas.

Car sourire ainsi, c’est rester fidèle

 

À une paix nue, sans masque ni querelle.

C’est marcher debout, sans bruit ni détour,

Avec dans la nuit un reste de jour.

Et peut-être alors, sans rien demander,

La vie, en retour, vient s’y accorder,

Non comme un écho qu’on pourrait saisir,

Mais comme un secret qui apprend à fleurir.

Alors on sourit, sans vouloir retenir,

Ni même attendre que tout vienne s’ouvrir.

Car au fond du cœur, dans ce simple agir,

On découvre déjà… vivre.